~~> Trésors cachés <~~

Once upon a time...
B.O sublime <3
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# Posté le vendredi 11 septembre 2009 16:26

Delirium universitesque.

Delirium universitesque.
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Bien sûr, je pourrais positiver. Pourtant, je n'y arrive pas, je ne dois pas être faite comme ça, ou pour ça plutôt. Certains sont nés avec l'ambition de tout faire pour être heureux, je suis née avec la certitude d'être venue sur terre pour être malheureuse à la place de ceux-là. Il faut bien compenser la balance quelque part sinon l'équilibre du monde sera à jamais détruit et à défaut d'avoir un monde potable, on héritera d'un enfer invivable.
Je suis cynique, et pourtant, je devrais être heureuse. Je viens de passer toute la matinée à moins de cinq mètres de Drago. À soulever des cartons et remplir des panières de codes de droit. Forcément, je suis devenue rouge tomate, je pue le chacal et je sue comme un porc. Une truie, je sais. Je ne crois pas que l'option "déménageur" soit particulièrement sexy et puisse plaire à mon Drago...

Mon Drago personnel s'appelle André. Et non, il n'est pas torturé et il n'est pas incité par son père à rejoindre les forces du mal. Mais il est blond, grand, fort et longiligne, et il porte pratiquement chaque jour un tee-shirt vert qui me rappelle la maison à laquelle appartient mon blondinet préféré. Il ne m'en fallait pas plus pour l'affubler d'un surnom et de me le rêver, me le fantasmer mon Drago-André.
Non qu'il ne le sache. Ou qu'il ne connaisse même mon prénom. Et que j'aille lui parler un jour.
Mais fantasmer est un droit que le bon dieu a eu la bonne grâce de nous donner à nous autres, humains, et surtout célibataires, pour ne pas nous morfondre et dépérir. Vraiment.
Il sait que j'existe, croise mon regard, me sourit, me dit bonjour, m'aide à porter les panières si jamais elles sont trop lourdes, fait mine d'ignorer les remarques stupides que je ne manque pas de prononcer en sa présence et retourne à son travail.

Il est parfait.
Il ne me parle pas.


La relation entre les deux phrases précédentes doit être pesée, mesurée et retournée à l'envoyeur si je ne veux pas m'escrimer dessus pendant une bonne heure.

Parce que je suis le genre de fille capable de ce genre de casse-tête féminin. Je fais semblant de finir les mots croisés toute seule, je bois du thé sur le rebord de ma fenêtre au deuxième étage, je me ruine quand mes amis viennent boire l'apéro chez moi, j'ai des principes qui me rendent la vie impossible et des certitudes ou des rêves qui lui donnent un sens. Par exemple, je verrais ma s½ur se marier, je serais là quand mon frère amènera sa première copine à la maison et je payerais un voyage grand luxe à mes parents. Je développerais un jour une pellicule de photos, j'irais crier dans une rue piétonne bondée, je me trouverais un chat noir câlin et je connais déjà les parrains et marraines de mes futurs enfants.
Autant de convictions que d'élucubrations qui sont un toboggan géant me menant tout droit et inlassablement à la même case départ. Sans carte chance, mais sans passer par la case prison. C'est tout ce que je demande. Enfin, c'était tout ce que je demandais. Parce que cette vie monotone commence à m'ennuyer profondément et compter le nombre de périodes de déprime que j'ai eu à ce sujet d'avantage. Voilà pourquoi Drago m'est d'une aide précieuse et André une romance intérieure perpétuelle. Tout les scénarios y passent. De l'accident au blocage dans un ascenseur, de la fumée suffocante à l'évanouissement dans ses bras, de l'apéro entre amis à la prise en otage. Où je serais, bien sûr, héroïque, magnifique et brillante, et lui, grand sauveur, superbe et élogieux.
Je rêve, nous sommes d'accord. Mais je crois également avoir précisé qu'il était un fantasme, alors conscience ne t'éveille point et laisse-moi rêver en paix. Au jour où nous aurons une discussion plus profonde que sa façon d'étiqueter les livres.

Nous travaillons tout deux dans une librairie. Lui en réserve à sortir les livres des cartons, livres que je me charge de ranger en rayon et de vendre aux clients. Les seuls moments où nos chemins se croisent sont donc les quelques minutes où je viens chercher les panières de livres qu'il, ou un de ses collègues, a préparé à mon intention.
Trois minutes s'il y a peu de livres et huit si on est en période de rentrée. Trois fois par jour. Trois occasions magnifiques où j'ai l'occasion de le regarder dans les yeux, magnifiquement bleus au passage. Trois prétextes que je trouve pour le contempler. Trois causes supplémentaires pour me couvrir de ridicule et redouter ma visite suivante en imaginant quel sérieux coup du sort va encore me toucher.
J'aurais dû tenir une liste, de sorte que j'aurais pu être sûre de ne plus renouveler aucun de mes exploits. La gamelle était obligatoire, le bégaiement un rite de passage, le rire forcé une façon de faire oublier la pustule géante ayant élue domicile sur mon nez et ainsi de suite. Croire que je pouvais passer une matinée entière à ses côtés sans ajouter une bonne trentaine de lignes supplémentaires à cette liste était donc vain et surtout mal me connaître.
Alors, ruisselante, essouflée, je crois avoir fini par me faire une raison, j'ai arrêté de rêver et surtout je ne veux plus du tout apparaître dans son champs de vision.

Drago, tu n'es qu'un fantasme... Mais quel fantasme...


Texte de Sidewalks.

# Posté le vendredi 11 septembre 2009 15:47

Parchemins oubliés.

Parchemins oubliés.
Fragile, immobile. Un petit moineau, au visage marqué, buriné par les années.

*******Elle a perdu du poids depuis qu'elle est entré à l'hôpital. Opérée de partout, seule sa tête ne fonctionne pas grâce aux interventions des Spécialites comme elle aime à les appeler. Il y a des Spécialistes pour tout. Pour son genou défectueux qui lui a fait tant de misère, pour son coeur fatigué qui l'a lâché en mai dernier, pour ses jambes lourdes qui ne peuvent plus la porter... Mais aucun Spécialiste n'a encore touché sa tête. Parce qu'elle a une tête bien faite.
*******Toujours pomponée, même âgée. De ses coquettes, qui portent des boucles d'oreille en clips, des colliers de perle et mettent encore du fard à joue. S'habillent tout les jours avec les habits du dimanche, parce qu'à partir d'un certain âge, c'est tout les jours dimanche. Non qu'elle ne perde la mémoire des dates, mais qu'elle aime à être toujours belle pour les gens qui viennent lui rendre visite. Et il y en a... il y en a tant.
*******Ceux qui arrivent à l'apéro pour avoir des nouvelles, savoir s'il la fait toujours rager par sa surdité, si elle a réussi à sortir de son fauteuil cette semaine et combien de torchons elle a brodé. Les torchons, c'est devenu son dada depuis qu'elle est bloqué dans ce stupide fauteuil. Pour occuper ses mains, pour ne pas oublier comment les bouger et comment faire tout les différents points, pour faire fonctionner son esprit. Et pour les donner aux gens qui viennent. Elle a eu une période où elle ne brodait que des légumes et elle préférait les aubergines. Et une autre où elle ne voyait que par les coquelicots. C'était du bel ouvrage.
*******C'était, parce que maintenant, elle se voit mal recommencer. Elle fatigue. Avant, il n'y avait que le physique qui ne suivait pas. Elle continuait à lire des magazines peoples et à parler potins avec ses voisines, téléphoner à sa famille et critiquer une partie du village. Mais maintenant, le moral a du mal à suivre. Elle commence à trouver que, ça suffit, ça fait trop mal, c'est trop douloureux maintenant, que si elle partait, ce ne serait pas un grand regret pour elle, parce qu'elle a bien vécu et qu'il ne reste que la partie la plus difficile, et qu'elle mérite de la sauter, cette dernière étape, celle où on attend que la mort vienne vous chatouiller le creux de l'oreille.
*******Elle ne le dit pas bien sûr, enfin pas à tous.

*******Elle était endormie quand je suis passée la voir aujourd'hui. Faisant la sieste sur ce lit d'hôpital et dans cette ambiance morose que seuls savent dispenser ces chambres à l'odeur étrange. Mais elle, elle dormait. Toute fine sur ce lit, dans une robe noire à petit pois blancs. Un habit du dimanche. Bon, elle n'était pas apprêtée comme d'habitude et elle avait les oreilles nues, mais quand même, elle était toute belle. Et j'ai mis un moment à voir les flacons d'eau de cologne qui se balançaient dans ses mains endormies. Coquette.
*******Le visage pâle, et les traits tirés. C'était étrange de la voir si fragile, si frêle dans sa belle robe noire, elle si forte en temps normale. Elle ressemblait à un moineau épuisée d'un long voyage qui se repose sur une branche avant de reprendre son envol. Un petit moineau. Aux cheveux blancs magnifiques. On ne l'a pas réveillée. On n'a pas osé, et on n'en avait pas le coeur. Elle méritait bien une petite sieste, elle devait être fatiguée. Et, toute coquette, elle semblait attendre quelqu'un. Une belle au bois dormant que le prince a oublié depuis bien trop longtemps.
**************N'empêche, des torchons brodés m'attendent dans ma dote, et je sais qu'un boudoir se trempe toujours dans de la limonade, que l'heure de l'apéro c'est quand tu le décides, que je grandis de plus en plus à chaque fois et que les retours des beaux jours il faut commencer à les attendre depuis janvier parce que, tu sais, ici, c'est un micro-clmat, ici, ce n'est pas comme ailleurs.





Portrait. Texte de Sidewalks.
Image : The Years, de Kevissimo.
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# Posté le samedi 20 juin 2009 10:32

Sur ma route...

Je continue à écrire, mais j'écris moins. Moins qu'avant en tout cas. Pourtant, j'ai plein d'histoires à raconter...



La mamie dans le train. Ou plutôt, la mamé, une bonne vieille mamé.
Toute ridée, toute frippée, avec une veste en laine bleu et une doudoune marron. Celle qui revenait de Quimper et qui s'était pris trois fois un train défectueux. Dont le fils est diplomate à Rome, et qu'avant, elle y était aussi. Pour garder les enfants, pour leur acheter des bonbons et des gâteaux, et non, elle n'avait pas besoin d'apprendre l'italien pour faire ça. Mais que les enfants, maintenant, ils avaient bien grandis, et ils ne répondaient plus à ses coups de téléphone, ou à ses mails. Ouais, ma mamé toute frippée, elle écrit des mails. Et elle lit des livres sur la mythologie egyptienne, le premier et le quatrième tome de la saga, alors vous comprennez, elle a pas tout pigé à l'histoire. Mais elle s'en fiche, parce que les autres, ces égoistes, ils l'ont oublié, et ils bossent pas ces feignants de parigots, ils prennent le fric de leur père. Pas comme ceux de Quimper. Ah non, les bretons, ils ont eu une bonne mère, et ils comptent leurs sous, hein ! Et mélanges de gascons et de bretons, ils sont têtus, pas moyen de leur faire dire le contraire de ce qu'ils pensent.
La mamé, toute frippée, au départ, elle voulait pas trop parler. Mais moi, j'avais envie d'écouter quelqu'un parler, d'entendre une histoire. Et ça devait se voir, parce que je voyais bien parfois, qu'elle en rajoutait dans les soupirs. Pas grave, j'ai pas vu le voyage passer, et arrivée, j'avais pas fini ma page.



Ah, j'pourrais aussi vous parler de la conduite. Parce que, oui, à défaut d'avoir des cours (fac bloquée oblige), ben je conduis beaucoup. Et c'est pour bientôt. Le machin, là, le truc que tout le monde vous réclame comme si c'était un dû, comme si sans ça, vous n'étiez rien.
Il y a les gars d'abord, le tout timide et celui qui arrive à me détendre. Et puis les deux filles. J'les aimais pas au départ, me poussaient trop, mais bon, maintenant, ça va mieux. Et j'me dis que ça doit pas avoir une vie facile un moniteur d'auto-école. Ca doit avoir l'impression de tourner en rond. Prendre la voiture, ne jamais dépasser le 50, et toujours aller au même endroit, prendre les mêmes routes, voir les mêmes paysages. Ils se demandent pas, eux, comment c'est, plus loin ? Plus loin que ce rond-point où il faut faire demi-tour parce que l'heure tourne ? Et après, il y a quoi ? A leur place, j'en aurais marre, et je finirais par kidnapper mes élèves. Pour aller plus loin avec eux, pour être sûre que de leur côté, il y a quelque chose, que ça ne s'arrête pas là.
Parce qu'ils doivent vraiment avoir cette impression. Tourner en rond. Avoir une fin à tout. Une limite.



Ou du boulot d'été que je vais peut-être avoir. Pas vraiment le nez collé dans un bouquin, mais en tout cas pas bien loin. J'préfère encore faire ça que des trucs agricoles où je me péterais le dos, ou un boulot de caissière.
Ah, tiens, ça me fait penser. J'pourrais aussi vous parler de toutes les amies d'enfance, ou de collège-lycée qui sont en train de se marrier, ou d'avoir des enfants. Je comprends, et je ne comprends pas. Vraiment. J'préfère ne pas mentir, ne pas être hypocrite et touti quanti. En tout cas, j'espère qu'elles sont heureuses comme ça, que... le vide généré par ce changement sera comblé par le changement en lui-même. J'sais pas si je suis très claire là.
Amusant de voir comment tout le monde évolue, n'empêche. Ca fait plaisir parfois, ça surprend de temps en temps, et ça ne déçoit jamais. Non, je ne suis pas déçue pour ces personnes. Parce que, ça se voyait, ça se sentait, ou ça se pressentait, que quelque chose allait se passer dans leur vie, que la route, pour elles, n'étaient pas toutes droites. Déjà, dans leurs yeux, quand elles étaient gamines, ça se voyait, la route, avec des putains de virage parfois, mais une belle route quand même.
Le genre route de campagne avec des ornières et de jolies courbes.



Et enfin, j'pourrais parler de la solitude. Celle qui est de plus en plus lourde à porter.
Mais j'en parlerais pas.
Parce que si je ne viens presque plus ici, c'est à cause d'elle. J'ai l'impression de ne plus parler que d'elle.
Et j'finis par tourner en rond moi aussi.
Non, rassurez-vous, je ne vais pas finir mono, mais... n'empêche... j'veux arrêter de parler d'elle. D'un amour qui refuse de venir, d'un coeur vide et... du reste.



Mais ça me manque de plus vous raconter d'histoire. Alors j'reviendrais.
J'ai pleins d'histoires en tête à dire. Mais pas la mienne, plus la mienne.
J'fais une overdose de mes délires du coeur, là. J'veux me sevrer de ma mélancolie, si vous voulez qu'on se la joue plus poétique.

Ca ressemble un peu à rien, ma petite bafouille là, ça part dans tout les sens, j'm'en rends bien compte. Mais j'peux rien faire de plus, et je me dis que c'est toujours mieux que rien.



Texte de Sidewalks.
Vidéo : A thousand words.
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# Posté le mardi 28 avril 2009 17:51

Sur ma route...

Sur ma route...
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17 Février, 20:34 : Laura se mue en un lycan mélancolique.
****because i can't sleep even if i'm totally exhausted, and because of my pale skin and my red eyes ^^ i'm sure to be a lycan or a vampire...

18 Février, 20:11 : Laura tape son CV.
****et cherche un boulot de baby-sitter. et un job d'été pas trop tarte (dans ma branche, ce serait au poil).

22 Février, 12:09 : Laura compte passer son dimanche à écouter du blues.
****Blues Brothers compil', Ray, BB King etc...

24 Février, 23:29 : Laura regarde de l'autre côté de la fenêtre.
****passer une journée entière en voiture ne me réussit jamais. Je cogite trop.

25 Février, 16:24 : Laura résiste.
****et oublie qu'elle existe...

27 Février, 11:37 : Laura se gave de musique et chante à tue-tête.
****faux, of course.

2 Mars, 22:03 : Laura se fait aspirateur pour soulager un peu les autres (La jeune fille sur le pont).
****et se retape toutes les vidéos qu'elle a posté sur ce blog.

Facebook est mon ami. Je lui raconte ma vie. Et ma vie est à portée de mes amis, des amis de mes amis et de gens que je ne connais pas. Facebook est un ami voyeur qui ne respecte rien.
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# Posté le samedi 07 mars 2009 08:47